Guide du Plan d'Épargne Retraite (PER) en 2026 : tout ce qu'il faut savoir - Guide Morelius Partners
RETRAITE

Guide du Plan d'Épargne Retraite (PER) en 2026 : tout ce qu'il faut savoir

6 chapitres5 FAQ
LES CHIFFRES CLÉS
5 ansReport des plafonds non consommésNouveau délai de report des plafonds PER non consommés depuis 2026, contre 3 ans auparavant
10 %Plafond de déductibilitéDes revenus professionnels N-1, plafonné à 35 194 € en 2026 (8 PASS)
31,4 %PFU sur les gains à la sortieTaux applicable sur la part de plus-values lors d'un rachat en capital du PER
70 ansFin de la déductibilitéLes versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable

ÉCONOMIE D'IMPÔT IMMÉDIATE POUR 10 000 € VERSÉS SUR PER SELON LE TMI

TMI 11% (économie)11%
TMI 30% (économie)30%
TMI 41% (économie)41%
TMI 45% (économie)45%

PER INDIVIDUEL VS PER ENTREPRISE

CritèrePER IndividuelPER Entreprise (PERCO/PERO)
OuvertureÀ l'initiative du particulierProposé par l'employeur
AlimentationVersements volontairesVersements volontaires + employeur + intéressement
Déductibilité versementsOui (plafond commun)Oui (versements volontaires)
Abondement employeurNonOui (exonéré de cotisations)
SortieCapital ou rente au choixCapital ou rente (selon règlement)
TransfertTransférable vers tout PERTransférable à la quittance

Introduction

Le Plan d'Épargne Retraite (PER), créé par la loi PACTE en 2019, est devenu en quelques années l'enveloppe de référence pour la préparation à la retraite en France. Son succès repose sur une promesse simple mais puissante : déduire les versements de son revenu imposable aujourd'hui, laisser capitaliser les sommes sans imposition annuelle, et récupérer le capital à la retraite. Pour un contribuable au TMI de 41 %, un versement de 10 000 € sur un PER génère une économie d'impôt immédiate de 4 100 € — autrement dit, l'État finance 41 % de votre épargne retraite. Le PER est l'un des rares placements où la fiscalité avantageuse est à l'entrée et non à la sortie.

Mais le PER est aussi un placement mal compris. Beaucoup d'épargnants ignorent le mécanisme des plafonds reportables (désormais étendu à 5 ans depuis 2026), les règles de sortie en capital, les nuances entre PER individuel et PER entreprise, et la comparaison avec l'assurance-vie pour la retraite. Ce guide vous donne une vue complète du PER : fonctionnement, plafonds, stratégie de versement, sortie et comparaison avec les alternatives disponibles.

I

Fonctionnement du PER : déductibilité et plafonds

Le PER fonctionne sur le principe de la déduction à l'entrée et de l'imposition à la sortie. Les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable dans la limite d'un plafond annuel égal à 10 % des revenus professionnels de l'année précédente, avec un plafond absolu de 35 194 € en 2026 (8 fois le PASS, Plafond Annuel de la Sécurité Sociale). Pour les travailleurs non salariés (TNS), ce plafond est calculé différemment et peut être significativement plus élevé — jusqu'à 85 780 € en 2026 sous certaines conditions. L'économie d'impôt réalisée est directement proportionnelle au TMI : 30 % d'économie pour une TMI à 30 %, 41 % pour une TMI à 41 %.

La nouveauté importante de 2026 est l'extension du délai de report des plafonds non consommés à 5 ans (contre 3 ans auparavant). Concrètement : si vous n'avez pas utilisé tout votre plafond PER en 2022, vous pouvez désormais utiliser le reliquat jusqu'en 2027. Cette extension permet des versements de rattrapage plus importants pour les contribuables qui n'avaient pas alimenté leur PER ces dernières années. Le plafond disponible est visible sur l'avis d'imposition en rubrique « plafonds de déductibilité épargne retraite ». Un couple peut utiliser mutuellement les plafonds des deux membres du foyer fiscal pour maximiser la déductibilité.

La déductibilité des versements PER est l'avantage principal de cet outil. Le nouveau délai de report de 5 ans des plafonds non consommés offre des opportunités de versements de rattrapage significatifs pour les contribuables qui ont sous-utilisé leur PER ces dernières années.

À RETENIR
II

PER individuel vs PER entreprise (PERCO/PERO)

Le PER individuel est souscrit à l'initiative du particulier, auprès d'un assureur, d'une banque ou d'un gestionnaire d'actifs. Il est alimenté uniquement par des versements volontaires du souscripteur, qui en choisit librement le rythme et le montant. Sa grande flexibilité en fait l'outil de prédilection pour la planification retraite personnelle. Le PER individuel peut recevoir des transferts depuis d'anciens PERP, contrats Madelin, PREFON ou PERCO — une simplification introduite par la loi PACTE pour unifier les enveloppes retraite antérieures.

Le PER d'entreprise (PERCO ou PERO, selon qu'il s'agit d'un plan collectif ou d'une catégorie de salariés) est mis en place par l'employeur et peut être abondé par l'entreprise en sus des versements volontaires du salarié. L'abondement employeur, dans certaines limites, est exonéré de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu — un avantage considérable. Si votre entreprise propose un PERCO avec abondement, maximiser les versements pour capter l'abondement est quasi systématiquement la première priorité. Les deux types de PER sont transférables entre établissements et vers un PER individuel à la quittance ou lors d'un changement d'employeur.

Le PER d'entreprise avec abondement employeur doit être la première priorité si vous y avez accès — l'abondement est un avantage fiscal sans équivalent. Le PER individuel complète ou supplante le PER entreprise pour les TNS et les salariés dont l'employeur n'offre pas de PER.

À RETENIR
III

Stratégie de versement : quand et comment alimenter son PER

La stratégie de versement sur un PER doit s'articuler autour de deux paramètres : le TMI actuel et le TMI anticipé à la retraite. L'avantage du PER est structurel si le TMI actuel est supérieur au TMI à la retraite — ce qui est le cas pour la grande majorité des actifs : les revenus d'activité sont généralement supérieurs aux revenus à la retraite, entraînant un TMI plus élevé pendant la vie active. La règle d'or : les versements PER sont d'autant plus intéressants que votre TMI actuel est élevé. Pour un TMI de 11 %, l'avantage fiscal immédiat est modeste et l'imposition à la sortie peut annuler le bénéfice — l'assurance-vie est généralement plus adaptée.

Le bon timing des versements est également important. Les versements PER effectués avant le 31 décembre d'une année sont déductibles des revenus de cette année — ils réduisent donc l'impôt payé l'année suivante. Dans les années de revenus exceptionnels (cession d'entreprise, prime exceptionnelle, revenus de gérance importants), un versement PER massif peut réduire très significativement la facture fiscale. La limite à 70 ans (au-delà, les versements ne sont plus déductibles) impose également d'anticiper : mieux vaut répartir les versements sur plusieurs années que d'attendre le dernier moment.

Le PER est d'autant plus avantageux que votre TMI actuel est élevé. Les versements sont à calibrer les années de revenus élevés, et doivent être planifiés avant 70 ans. La stratégie de versement doit être revue chaque année en fonction de l'évolution des revenus et des plafonds disponibles.

À RETENIR
IV

Sortie en capital ou en rente : avantages et fiscalité

Le PER offre depuis 2019 la liberté totale de sortie : en capital (total ou fractionné), en rente viagère, ou une combinaison des deux. C'est une révolution par rapport aux anciens PERP et contrats Madelin qui imposaient une sortie majoritairement en rente. La sortie en capital est fiscalement traitée en deux parties distinctes : les sommes correspondant aux versements déductibles sont imposées au barème progressif de l'IR (à votre TMI à la retraite) ; la part de plus-values et intérêts est soumise au PFU de 30 % (12,8 % IR + 17,2 % PS). En pratique, si vous avez versé 100 000 € sur votre PER qui vaut 200 000 € à la retraite, les 100 000 € de capital sont imposés à votre TMI de retraite et les 100 000 € de gains au PFU.

La sortie en rente viagère est traitée différemment : elle est imposée comme une pension de retraite au barème de l'IR, après abattement de 10 %, avec application des prélèvements sociaux de 17,2 % sur une fraction de la rente (fraction variable selon l'âge de liquidation). La rente offre l'avantage de l'assurance de longévité — vous ne pouvez pas « épuiser » le capital de votre PER si vous vivez très longtemps. En revanche, en cas de décès prématuré, le solde est en général perdu (sauf rente réversible ou option annuités garanties). Pour la majorité des épargnants, une sortie en capital fractionnée sur plusieurs années, optimisant le TMI à la retraite, est fiscalement plus efficace que la rente.

La sortie en capital fractionné sur plusieurs années permet de lisser l'imposition à la retraite et de rester dans les tranches basses du barème. Le calibrage de ces retraits annuels, combiné avec les autres revenus de retraite, est un exercice d'optimisation fiscale à planifier plusieurs années avant la liquidation.

À RETENIR
V

Comparaison PER vs assurance-vie pour la retraite

PER et assurance-vie sont souvent présentés comme concurrents pour la préparation à la retraite — c'est une simplification. Ce sont deux outils complémentaires qui s'adressent à des besoins différents. Le PER est avantageux à l'entrée (déduction fiscale) mais impose une contrainte de disponibilité (capital bloqué jusqu'à la retraite sauf cas exceptionnels). L'assurance-vie est disponible à tout moment, bénéficie d'une fiscalité avantageuse après 8 ans, et est un outil de transmission sans équivalent — mais elle ne permet pas de déduire les versements du revenu imposable.

La stratégie optimale pour la retraite combine généralement les deux : le PER pour les versements qui profitent d'une déduction à un TMI élevé (30 % ou plus), l'assurance-vie pour la souplesse, la disponibilité et la transmission. Pour les contribuables au TMI de 11 % ou non imposables, le PER présente peu d'avantages par rapport à l'assurance-vie — l'absence de déduction significative à l'entrée et l'imposition à la sortie au barème peuvent même en faire un outil moins favorable. Pour un TNS au TMI de 45 % avec un PERP plafonné, le PER individuel est une priorité évidente. La répartition PER/AV dépend de votre situation fiscale, de votre horizon et de vos objectifs.

PER et AV sont complémentaires, pas concurrents. Le PER domine pour les hauts TMI et la préparation retraite pure. L'AV domine pour la souplesse, la disponibilité et la transmission. La bonne combinaison se définit au cas par cas.

À RETENIR
VI

Cas pratiques : TMI 30 % vs TMI 41 %

Prenons un contribuable au TMI de 30 % qui verse 10 000 € sur son PER. L'économie fiscale immédiate est de 3 000 €. À la retraite, il anticipe un TMI de 11 % (revenus réduits). Il récupèrera les 10 000 € versés imposés à 11 %, soit 1 100 € d'impôt. Le gain net est de 1 900 €, auquel s'ajoute la capitalisation des 3 000 € d'économie fiscale pendant la durée de détention. Sur 20 ans à 7 %, les 3 000 € économisés génèrent environ 11 600 € supplémentaires — soit un gain total considérable. Ce scénario illustre l'intérêt du PER pour les contribuables à TMI 30 % qui anticipent une baisse de revenus significative à la retraite.

Pour un contribuable au TMI de 41 %, l'économie fiscale sur 10 000 € versés est de 4 100 €. Si à la retraite le TMI reste à 30 % (revenus fonciers, retraite complémentaire élevée), l'impôt sur les 10 000 € récupérés sera de 3 000 €. Le différentiel brut de TMI de 11 points génère un gain de 1 100 € par tranche de 10 000 €, plus la capitalisation de l'économie fiscale sur la durée. L'avantage reste réel mais moins spectaculaire. Dans ce cas, la stratégie doit aussi intégrer l'option d'un retrait fractionné à la retraite pour éviter de concentrer les revenus dans une seule tranche — en étalant les rachats sur 5-10 ans, on peut maintenir un TMI de retraite plus bas et maximiser le gain net du PER.

L'avantage du PER est maximisé lorsque le TMI de versement est élevé et le TMI de sortie est faible. La planification du calendrier de sortie (rachats fractionnés sur plusieurs années) est un outil d'optimisation souvent négligé qui peut générer plusieurs milliers d'euros d'économie.

À RETENIR

Questions fréquentes

5 questions réponses

Besoin d'un conseil personnalisé ?

Nos conseillers vous accompagnent pour mettre en pratique les stratégies adaptées à votre situation patrimoniale.

PRENDRE RENDEZ-VOUS
Jules Morel

Jules Morel

Fondateur & CIF — Morelius Partners

Publié le 26 mars 2026

Mis à jour le 26 mars 2026